mardi 4 décembre 2012

Journal de Kilan, Page 80,


Mon nom est Kilan Thuataïl, fils de Godrik et Lysinia Thuataïl. Je vais, dans les pages prochaines vous raconter mon histoire, mon voyage, mes sentiments et ressentiments. Espérant que tout cela vous apporte les armes pour affronter ce monde qui nous entoure.

Ce qui nous amena à Melwan ? Un évènement funeste : le décès de nos parents, qui alors que nous voyagions tous ensemble ont été tués par l’épée de brigands sur la route à l'est du village. Sauvés par Wailen, ma soeur et moi fument amenés au village ou nous avons tant bien que mal réussit à nous faire une place, ma sœur en mettant à profit les instructions que mon père lui dictait chaque soir, moi en faisant quelques travaux fermiers.

Je ne saurais pas vous exprimer les sentiments procurés par la perte de sa famille, je ne peux que vous affirmer que Melwan et ses deux cents âmes n’ont jamais réussit à combler ce vide en moi. Il m’arrive encore de rêver de mes parents, d’entendre leur voix lorsque je me ballade au village. Tant de songes qui torturent mon vieil esprit.
Bref, reprenons le récit. Une année après mon arrivée à Melwan, la démorthen Wailen vint me voir pour me proposer de devenir son apprenti. Honoré de son intérêt pour ma personne et ayant comprit que sa proposition s’exprimait plus comme un ordre intimidant qu’une offre refusable, j’acceptais. Mon existence changea radicalement. Toute mon enfance je m’étais sentit en osmose avec la nature, sans jamais comprendre pourquoi. Je pense que Wailen avait détecté cet intérêt pour ce que j’appel « les choses inexplicables », la nature : pourquoi le chant des oiseaux, pourquoi la mousse au pied des arbres, les champignons ? Qui sont-ils tous ? Sont-ils vivant ? Peut-on les entendre ? Les ressentir ? Les aider ? Tant de question qui se pose d’ailleurs encore dans mon esprit. Aurais-je d'ailleurs des réponses, avant la grande faux s'abatte ?
Ma personnalité, plutôt prudente, non enclins à prendre des risques inutiles, se transformait complètement lorsqu’il s’agissait d’art Démorthen. J’absorbais les enseignements de Wailen, qui ne semblait ne poser que peu de limite à mon apprentissage. Un jour de printemps, alors que ma maitresse recevait le Démorthen d’un autre village pour traiter de l'équilibre de notre région, j’ai pût discuter avec son apprenti, qui d’un premier abord pratiquait les arts Démorthen depuis bien plus longtemps que moi. J’ai été étonné de voir que je maitrisais d’avantage de choses, possédait des connaissances dont il ignorait tout. Il justifiait cela par la radinerie de son maitre, étonné que Wailen m’apprenne autant de chose. Je comprends mieux aujourd'hui ce que ma maitresse recherchait en moi.


Cinq années furent nécessaires à Wailen pour m’inculquer les principes fondamentaux des arts Démorthens. Cinq années de travail, dans le sérieux et la privation. Cinq années pendant lesquelles ma sœur et moi avons été souvent séparés, l’un étudiant dans la forêt les arcanes de la nature, l’autre poursuivant ses voyages et expériences. Le village nous avait entièrement adopté et nous étions connu, elle pour sa fougue et son courage, moi pour mon travail au côté de la Démorthen Wailen et des tendances peureuses qui créaient moqueries et jugements à mon égard.

J’étais bien conscient des paroles des gens, le petit Kilan n’avait pas les épaules pour devenir Démorthen, que deviendrait le village lorsque Wailen lui laisserait le flambeau ? Pourquoi lui au juste ? Des questions que la Démorthen évitait, et lorsque je lui exprimais mes propres craintes à ces égards, la réponse était souvent « qu’importe ce que ton corps ou ton esprit supportent, seule la résistance de ton cœur compte ». Je ne comprenais rien à cet enseignement, aujourd’hui c’est clair et limpide, oui, clair et limpide.

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